LE BOURGET Patrimoine du Bourget du Lac
Le Prieuré, l'Eglise St Laurent et les Jardins
Le Prieuré a été construit vers les années 1030 à la suite d'un rêve prémonitoire d'Odilon, abbé de Cluny.
Selon la légende Odilon aurait fait une halte au Bourget-du-Lac en raison d'une forte fièvre. Durant une nuit, il aurait vu, pendant son délire, le Comte de Savoie et Saint Maurice planter une croix. Le saint aurait touché Odilon et le lendemain l'abbé était guéri. Ayant interprété ceci comme un signe divin, il décida de faire construire un prieuré dédié à Saint Maurice pour le remercier.
Les pièces s'articulent autour du cloître, lieu de vie essentiel. D'un coté les pièces d'usage domestique, cuisine, réfectoire, cellier et de l'autre, les pièces à usage spirituel, salle du chapitre, chapelle. Sept moines vivaient en permanence au Prieuré. Le cloître, possède une galerie datant du XVème siècle. C'est Oddon de Luyrieux, prieur, qui l'a faite réaliser dans le style gothique.
Les moines clunisiens ont quitté le prieuré en 1582. Des Jésuites s'installent à leur place jusqu'en 1773 puis les Franciscains de Chambéry jusqu'à la Révolution française où le Prieuré sera vendu comme bien national. Un notaire, puis des fermiers vont occuper les lieux jusqu'à l'achat par Jean Barut, amateur d'art chambérien des bâtiments au début du XXème siècle. Il fera classer « Monument historique » une partie des lieux.
Vers 1912, la Duchesse de Choiseul achètera le prieuré et l'occupera jusqu'en 1939. La commune achètera les bâtiments en 1952.
Par une allée, vous pourrez admirer les jardins à la Française avec leur perspective axiale.
Les jardins à la Française étaient au départ un potager et un verger pour subvenir au besoin du monastère. La Duchesse de Choiseul au début du XXème siècle en fera un jardin d'agrément, de style français avec des ifs taillés et quelques essences rares. Deux sculptures de Jacques Coquillay s'offrent à vos yeux le long de la perspective, « Vagabondage », statue de bronze et « Corinne » dans la chambre d'amour.
Depuis 2006, l'ensemble des bâtiments et jardins sont classés Monuments historiques, Jardins remarquables. Le prieuré fait parti de la Fédération des Sites Clunisiens.
L'église du Bourget-du-Lac est attenante au prieuré. Elle a été construite en plusieurs phases. Le patron actuel de l'Eglise est Saint Laurent.
La crypte est la partie la plus ancienne, elle daterait du Xème siècle. Elle a été bâtie sur l'emplacement d'un temple romain dédié à Mercure. Vous pouvez voir des pierres avec inscriptions provenant de ce temple. L'église sera ensuite remaniée au XVème siècle sous le priorat d'Aynard de Luyrieux. C'est à cette époque qu'elle sera surélevée avec un voûtement en ogive.
Les derniers changements interviendront au XIXème siècle. L'entrée romane sera détruite au profit de la façade actuelle et de la construction de la tribune, le chœur sera surélevé et les vitraux changés, le Jubé démonté et replacé dans le chœur.
Lorsque vous descendez dans la nef, à droite, une pierre tombale datée de 1482, représente le transi d'Oddon de Luyrieux.
A gauche, plusieurs chapelles latérales dont une est consacrée à la Vierge. Dans cette chapelle, vous pourrez admirer le seul vitrail ancien de l'église qui est du XVème siècle.
Jusqu'au milieu du XIXème siècle, l'église était séparée en deux par un Jubé. Le Jubé est une clôture monumentale qui sépare le chœur, où se trouvent les moines, de la nef où s'assied le peuple. Ce Jubé était composé de scènes de la vie du Christ sculptées dans la pierre et peintes. Ce Jubé a été démonté au XIXème siècle car il n'avait plus cours puisque les moines étaient partis. Les sculptures en haut relief ont été conservées et placées sur les murs du chœur.
La façade actuelle n'étant pas évocatrice de la richesse intérieure de l'église, n'hésitez pas à pousser la porte pour découvrir des trésors du Moyen-âge.
Le Château de Thomas II
Le Château n'est à l'origine qu'une simple demeure, un rendez-vous de chasse construit sur une terre acquise en 1248 auprès du Prieuré du Bourget par Thomas II de Savoie, comte de Flandre et de Hainaut, comte de Piémont de 1244 à 1259, frère du Comte Amédée IV.
Le développement de la construction est mal connu jusqu'aux aménagements et embellissements, réalisés par le comte Amédée V à la fin du XIIIème siècle et au début du XIVème siècle. Un nouveau logis mentionné en 1292 est peut-être alors édifié. Des artistes ou artisans intervenants par ailleurs dans d'autres châteaux comtaux, notamment à Chambéry dans la 1ère moitié du XIVème siècle réalisent différents travaux.
Le plan en quadrilatère avec quatre tours semble avoir été édifié à l'époque de Thomas II ou au règne d'Amédée V, comte de 1285 à 1323, dont ce fut le château natal.
Le Bourget est une des résidences favorites de la cour itinérante des Savoie jusqu'en 1427 : ornementation et aménagements attestés surtout au XIVème siècle confirment une intense activité : nombreux séjours de la cour comtale, évènements familiaux et diplomatiques connus par ailleurs (chroniques de Savoie).
Le château est inféodé aux Seyssel en 1438, mais incendié en 1456; il n'a peut-être pas été reconstruit : un dessin à l'encre de chine de Martellange le montre ruiné au début du XVIIe siècle ; il sera cependant inféodé aux Nemours en 1524, aux Berliet de Chiloup en 1589, puis au XVIIIe siècle aux Buttet d'Entremont. Vendu en 1841, les bâtiments servent de carrière de pierres de taille jusqu'en 1849 avant d'être acquis par la commune en 1979. Il est classé Monument Historique en 1983.
Son caractère résidentiel est marqué par l'usage de tours quadrangulaires conçues pour un usage domestique. Il n'y a pas lieu d'utiliser une architecture militaire plus spécialisée (contrôle du col du Chat par le château de Bourdeau habité par les Seyssel).
L'emplacement des tours qui présente une localisation irrégulière peut s'expliquer par un terrain très marécageux avec buttes résiduelles glaciaires et/ou par des fonctions résidentielles distinctes : logis du comte, logis du châtelain, accueil de vassaux familiers.
Comme tout bâtiment de prestige, le château conserve une forme architecturale et des éléments propres à l'architecture militaire mais la sécurité est surtout assurée par le marais (tour, porte avec pont-levis, fossés, murs) : il s'agit bien d'un bâtiment civil avec de remarquables éléments de confort.
Ainsi, dans le contexte de nouvelles fortifications durant la deuxième moitié du XIVe siècle, le château est renforcé jusqu'en 1389 par des bretèches en bois (éléments construits en saillie par rapport au mur et qui permettent de jeter des projectiles sur les assaillants) et la construction ou l'amélioration des murs de défense (non jointifs aux tours), mais parallèlement, on améliore le fenestrage confirmant ainsi son rôle résidentiel. Les bâtiments internes répartis dans l'enceinte autour de la cour et associés aux tours, n'ont pas de fonction clairement identifiée, mais comprenaient plusieurs étages : logis et salle d'apparat ont certainement évolué. L'environnement du château est déterminant mais méconnu.
Idée visites : Circuit guidé le Prieuré et Thomas II, 2 joyaux enchanteurs
Découvrez conjointement le Prieuré avec ses jardins à la française et les vestiges du château de Thomas II, une des résidences favorites de la famille de Savoie. Liaison piétonne entre les deux sites, balade facile de 15 mn.
Visite guidée gratuite en juillet et août les mardis et samedis après-midi.
Le patrimoine rural et industriel
Le Bourget-du-Lac possède aussi de nombreux fours, lavoirs, calvaires qui sont autant de témoignages du passé et de la vie des habitants.
Cette ville a également un important passé industriel avec des soieries, des papeteries qui utilisaient la force motrice des ruisseaux de la commune. Les papeteries fournissaient le papier pour les actes officiels de la Maison de Savoie.
Un passé militaire avec en 1934 l'implantation d'une base aérienne jusqu'en 1985, les militaires seront remplacés par Savoie Technolac, pôle technologique et universitaire.
LE BOURGETCoordonnées Utiles
Office de Tourisme
Place Général Sevez – BP 16
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